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L'instant poétique

« L’instant poétique », dédié à la mémoire du martyr de la patrie 860652 409614562461916 1069214396 o[1]

Le 17 février 2013, l’ATNF avait organisé un après-midi dédié à la poésie engagée avec la participation de deux poètes et une poétesse. Cet après-midi intitulé « l’Instant poétique » est conçu au départ comme un instant de convivialité et de mobilisation militante autour d’une poésie à texte sur la Tunisie deux ans après la révolution de la liberté et de la dignité. Le texte introductif de cet instant s’intitulait : « la révolution tunisienne : de l’euphorie au désenchantement ». Or, avec l’assassinat du  leader de la gauche, ce n’est plus de l’euphorie au désenchantement mais de l’euphorie au  meurtre. Oui, la Tunisie vient de vivre son premier assassinat politique depuis l’indépendance. Le 6 février 2013, Chokri Belaid, membre imminent de la gauche tunisienne est tombé sous les balles des pourfendeurs de la liberté et de la démocratie. L’instant poétique s’est transformé en instant de recueillement, d’hommage et de dénonciation. Cet hommage est exprimé avec force par nos poètes. Les vers de la poétesse Houda Zekri étaient expressifs et touchants. Le poète Kamel Ghali décrivait la situation délétère en Tunisie et les prémisses de cet assassinat. Le poète Kamel Gataa déterrait du fond de son tiroir un poème des années 80 qui a le mérite de faire le parallèle avec la Tunisie d’aujourd’hui, rien n’est changé mais tout s’aggrave.

L’assistance emportée par la teneur des poèmes et la chaleur des voix s’est emparée de la scène pour apporter sa pierre à l’édifice et enrichir cet instant poétique en récitant des poèmes de grands poètes arabes tels que le poète palestinien Mahmoud Darwich, l’egyptien Bakhit Jamel , en chantant des chansons à texte de Marcel Khalifa, Cheick Imam, et de la chanson engagée tunisienne.

 

 

La révolution tunisienne : de l’euphorie au désenchantement.

La révolution de la dignité et de la liberté a dévié de son sentier originel. La dignité est foulée, la liberté est bafouée. La joie s’est filochée cédant la place à un spectacle désolant. Les régions marginalisées sombrent dans la détresse, le chômage et son corollaire la pauvreté progressent inexorablement, les libertés de manifester, de penser, d’écrire, de créer subissent les assauts des ennemis de la démocratie et de la modernité, les acquis des femmes, l’égalité entre femmes et hommes sont dans le collimateur, la constitution, à l’état embryonnaire, continue à valser avec insouciance, même les lieux saints et sacrés ne sont plus épargnés. Deux ans après la révolution, rien ne pointe à l’horizon. La fatalité se substitue à la raison, la peur l’emporte sur l’espoir et le marasme s’installe sans crier gare.

Devant une situation chaotique, il reste l’acte militant comme l’ultime rempart. Des hommes, des femmes, des syndicalistes, des créateurs de tout bord militent bec et ongles pour faire barrage à l’obscurantisme et l’avènement d’un ordre religieux… Et le poète dans tout ça.

Il fait corps avec le collectif. Il est la conscience du moment, le témoin de l’histoire et le verbe acéré des moments obscurs. Il est la lanterne qui éclaire l’horizon assombri.
La parole à nos invités poètes pour nous éclairer par leurs verbes et mots au cours de cet instant dédié à la poésie engagée Tunisienne.
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