Les personnes âgées : De l’exploitation à la précarité.
Longtemps occultée, la question des personnes âgées issues de l’immigration se pose aujourd’hui avec acuité. Arrivées en France trop jeunes pour travailler et contribuer à la création des richesses, les personnes âgées glissent dans la précarité. Les maigres retraites après une vie entière de labeur ne suffisent pas à couvrir leurs besoins vitaux (nourriture, soins, etc.).
Afin d’améliorer leurs conditions de vie, les chibanis bénéficient de certaines aides sociales telles que l’aide de solidarité personnalisée (ASPA), l’aide au logement (APL) etc. Ces aides sont assorties de certaines conditions. Pour bénéficier de l’ASPA, les chibanis doivent résidés 6 mois et un jour en France, 8 mois pour l’APL. En cas de manquement à une condition, l’aide est supprimée. Les personnes âgées sont donc contraintes de rester sur le territoire français et privées de passer un peu plus de temps dans leur pays d’origine.
Les administrations qui gèrent les aides sociales veillent au grain. Les personnes âgées considérées comme suspects, sont systématiquement surveillées. Les contrôles effectués à la recherche d’éventuelles fraudes se sont transformées en exercice harcèlement voire de criminalisation. En cas de fraude, les personnes âgées sont sommées de rembourser l’aide octroyée qui se chiffre quelques fois en milliers d’euros.
Le paradoxe : « on facilite l’accès aux aides sociales et on intensifie les contrôles ».
Ali Elbaz, Abdellah Samate, Hafedh Affes et Patrice Carlier, Adjoint au maire Villeneuve d’AScq
La méconnaissance de leurs droits peut induire les personnes âgées à l’erreur mais non à la fraude. Cette méconnaissance ne se résume pas seulement à certaines aides mais englobe quasiment tous les droits sociaux. D’où la nécessité et l’importance de mettre en place des structures appropriées pour les aider dans leurs démarches administratives et les accompagner auprès des institutions compétentes. Dans cette perspective, l’ATNF avait mis en place une permanence d’aides et d’accompagnement (voir article page 6).
Une table ronde sous le titre « Vieux migrants et accès aux droits » a été organisée le 16 octobre 2013 en présence d’Ali Albaz, membre de GISTI et d’Abdellah Samate, président de l’association des mineurs marocains dans le Nord.
L’objectif de la table ronde est de saisir la problématique des personnes âgées et d’agir en conséquence.
Hafedh AFFES