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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 16:37

Réflexion sur la situation en Tunisie

Par Hafedh AFFES

 

La Tunisie vit actuellement une crise politique aigue. Celle-ci  a entrainé dans son sillage la déliquescence des autres pôles vitaux de la société tunisienne tels que l’économie, le  social, le culturel sans parler du sécuritaire*. Les frères musulmans, en accaparant le pouvoir, se sont mis corps et âme à imposer leur vision de la société. Celle-ci repose sur la transformation de la société tunisienne, considérée par eux comme l’avatar des pays musulmans, en société imprégnée de la doctrine islamique voire un laboratoire pour les frères musulmans. Ces derniers n’en ont cure du progrès social. Ce n’est pas la question du jour. Le fondamental pour eux c’est l’imposition d’un ordre nouveau basé sur  une idéologie d’essence religieuse. La courte victoire aux élections du 23 octobre 2011(89 sur 217 sièges) s’est présentée comme une aubaine pour exercer leur hégémonie. Celle-ci s’est matérialisée, dés la prise du pouvoir, par la mise en place d’une mini constitution en leur faveur accordant ainsi les pleins pouvoirs au premier ministre alias président du gouvernement  au détriment de la présidence de la République. L’ANC (l’Assemblée Nationale Constituante) dominée par le parti islamiste et ses alliés en constitue la force de frappe. L’ANC  a été élue pour doter la Tunisie d’une nouvelle constitution qui correspondra aux aspirations des tunisiens et aux objectifs exprimés lors de la révolution. Or, deux ans après, la constitution reste inachevée.  L’ANC  déviant de son rôle originel, s’est transformée en une chambre à légiférer. Dés la prise du pouvoir, la troïka et à sa tête les islamistes partait de l’idée qu’ils s’installent durablement au pouvoir. De ce fait, ils se sont mis frénétiquement à sa conquête. Cette dernière s’est illustrée par la nomination de leurs partisans dans les postes clés de l’administration tunisienne, la nomination de leur suppôt à la tête des médias nationaux, et la main mise sur les grandes entreprises nationales. Des nominations qui ne répondent pas à des critères de compétences, loin s’en faut, mais à des critères purement partisans.

A partir de cet aperçu, nous constatons que les islamistes et leurs alliés cherchent tout bonnement à assoir leur hégémonie sur la Tunisie et  garantir ainsi leur  élection prochaine. Ils trainaient le pas pour gagner du temps et poursuivre leur stratégie d’accaparement du pouvoir politique en faisant fi des besoins les plus élémentaires des tunisiens.

 Deux ans après les élections du 23 octobre 2011, rien n’est fait. Tous les ingrédients pour en finir avec la période de transition démocratique ne sont pas réunis. La constitution  est toujours à l’état embryonnaire, la nouvelle ISIE demeure  inachevé, le code électoral est encore lointain. La justice est sous la coupe du gouvernement islamiste et la HAICA, Haute autorité  indépendante de la communication audiovisuelle, est ignorée. Toutes les nominations dans le secteur des médias furent effectuées sans l’aval de cette instance.

La  situation dramatique  qui atteint son paroxysme avec  l’assassinat du député Mohamed Brahmi le 25 juillet 2013, après celui du martyr de la patrie Chokri Belaid. La veille de l’assassinat du martyr Mohamed Brahmi, un FSN (front de salut national) composé de plusieurs structures et personnalités indépendantes a vu le jour. Le FSN appelait à la démission du gouvernement et la dissolution de l’assemblée constituante. Cet appel s’est concrétisé par une forte mobilisation caractérisée par le retrait d’une soixantaine de députés de l’opposition de l’assemblée constituante, l’organisation d’un  sit-in devant l’ANC, la création du front de salut national dans les régions et surtout les rassemblements et les manifestations quotidiennes qui trouvent son point culminant dans l’organisation de deux manifestations gigantesques à Tunis le 6 et le 13 aout 2013. Les manifestants appellent à l’unisson à la démission du gouvernement qualifié de celui de l’échec et celle de l’ANC porte drapeau des islamistes au pouvoir.

Malgré la fronde et le rejet manifeste d’une grande frange de la population de la politique du gouvernement, ce dernier poursuit sa stratégie macabre de main mise sur les leviers du pouvoir en poursuivant les nominations de ses partisans aux postes clés de l’administration et des entreprises nationales, médias compris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin d’atténuer le conflit opposant la troïka au pouvoir et le mouvement de contestation, l’UGTT s’est érigée en médiateur en proposant dans un premier temps et unilatéralement une série de propositions faisant de la démission du gouvernent un préalable pour engager les pourparlers entre les différents interlocuteurs. Comme à son accoutumée, les islamistes rejettent les propositions de l’UGTT et font avorter l’initiative.   Suite à cet échec, une nouvelle initiative, sous l’égide de quatre* organisations nationales, avait émergé. Le quartet, une feuille de route* à la main,  s’est engagé dans de longues discussions avec toutes les parties concernées. L’objectif de cette initiative est la recherche d’une solution négociée acceptable par l’ensemble des interlocuteurs. La feuille de route fait de la démission du gouvernement actuel le préalable de la mise en application de cette feuille. 

La forte mobilisation des tunisien(ne)s, l’abnégation du quartet à trouver une solution négociée ont poussé les islamistes et leurs alliés à accepter la feuille de route et à s’engager dans le dialogue national. Une acceptation corroborée par l’engagement par écrit du président  du gouvernement de présenter sa démission le moment venu. L’acceptation du parti islamique n’est qu’un subterfuge. Le  parti islamiste cherche donc à gagner du temps afin de poursuivre sa politique  d’infiltration et se  présenter ainsi comme un parti ouvert au dialogue et démocrate. Mais peut-on discuter avec un mouvement qui de nature n’est pas démocrate ?  Plusieurs analystes politiques répondaient par le négatif.  (à suivre)

 

·         L’union générale des travailleurs tunisiens, l’union tunisienne de l’industrie et du commerce, la ligue des droits de l’homme et l’union des avocats

·         voir texte sur la situation sécuritaire ci-dessous

·         feuille de route prévoit : la formation d’un gouvernent de compétence, l’élaboration d’un code électoral, la mise en place de l’ISIE, la fixation des échéances électorales, et l’adoption d’une nouvelle constitution.

 

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ATNF vient de fêter l'anniversaire de la chute du régime de Ben Ali, évènement à l'occasion duquel l'association avait été amené à jouer un rôle de leader et de catalyseur des revendications sociales des tunisiens au sein du territoire Nord-Pas-de-Calais. C'est naturellement que les membres de l'association s'interrogent sur le renouveau politique et le modèle démocratique proposé désormais en Tunisie, car le choix des dirigeants et le changement de législation a nécessairement un impact sur les citoyens immigrés et vivant sur notre territoire. Le statut des femmes pose notamment question: le nouveau régime sera t-il porteur d'une évolution pour les droits de l'Homme, pour ceux des femmes d'une évolution pour les droits de l'Homme, pour ceux des femmes en particulier, pour l'égalité entre les sexes et les libertés individuelles ? Ces questions ont mené ATNF à porter au sein du territoire régional un projet de séminaire interrogeant ces problématiques d'actualité.

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