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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 18:32

La circulaire de régularisation des sans-papiers d’E. Valls, c’est de la poudre aux yeux.

Nous pouvons affirmer qu’en matière de politique d’immigration, le ministre de l’intérieur Manuel Valls s’est aventuré à prendre quelques mesures positives telles que l’abrogation de la circulaire du 31 mai 2011 qui restreint la possibilité pour les étudiants étrangers diplômés de travailler en France, l’assouplissement des critères de naturalisation et en l’occurrence la suppression de l’obligation de présenter un CDI, l’interdiction de l’enfermement des enfants dans les centres de rétention, son attachement à la libre circulation dans l’espace Schengen, la suppression du délit de solidarité…

Hormis ces quelques mesures  positives, la politique d’immigration ne diffère pas de celle de la droite ; elle s’appuie toujours sur  le même principe, à savoir le contrôle des flux migratoires en amont et en aval. En amont, par le contrôle  de la délivrance des visas et en aval par le refus de régulariser les sans-papiers et la poursuite des reconduites à la frontière et des expulsions.

La nouvelle circulaire du ministre socialiste Manuel Valls relative à la régularisation des sans-papiers apporte certes quelques assouplissements mais demeure en deçà de ce qui est espéré. Elle se caractérise par son esprit restrictif et discriminatoire. Les critères  contenus dans la dite circulaire évince un nombre considérable des prétendants à la régularisation.     

  

 

Pour le ministre de l’intérieur, la circulaire est juste parce qu’elle s’applique  d’une manière homogène dans toutes les préfectures. Contrairement au ministre, les associations de défense des sans-papiers trouvent la circulaire très sévère et considèrent qu’elle ne peut apporter une solution équitable au problème de l’immigration illégale. 

Plusieurs critères sont critiqués par les associations de défense des sans-papiers. Ces critères touchent toutes les catégories de demandeurs de titre de séjours. Les familles ayant des enfants scolarisés sont sommées de justifier cinq ans de présence en France et au moins un enfant scolarisé depuis trois ans. Les sans-papiers travailleurs doivent également prouver leur présence sur le territoire français depuis cinq ans et  présenter 8 fiches de paie sur les deux dernières années. C’est une mission impossible pour la quasi-totalité d’entre eux ce qui ne résout en rien leur intégration sociale tant criée par le ministre.

Les jeunes mineurs devenus majeurs sont priés d’une part de justifier qu’ils sont arrivés en France avant 16 ans et qu’ils ont suivi une scolarité « assidue et sérieuse » pour espérer obtenir une régularisation.

Nous constatons à travers les exemples cités ci-dessus, que les critères d’attribution de titres de séjour proposés aux éventuels demandeurs sont difficiles à satisfaire pour une grande majorité. Tout en se présentant comme une circulaire juste (selon le ministre), elle constitue un moyen pernicieux de  limiter les régularisations. Le ministère de l’intérieur table sur 30000 régularisations par an, un chiffre qui ne diffère pas de celui des ses prédécesseurs.  C’est de la poudre aux yeux. Trop de vacarmes pour un résultat insignifiant.

D’ailleurs, les critères de régularisation des jeunes majeurs  illustrent bien les velléités du pouvoir socialiste. Il est impossible pour l’écrasante majorité des jeunes de satisfaire ces critères. Pour Brigitte Weisser de réseau sans frontières « environ 10 % seulement des lycéens pourraient être régularisés. Nous souhaitons que ce verrou des 18 ans saute». En effet,  pour être régularisés, les jeunes majeurs doivent apporter la preuve de leur arrivée en France avant l’âge de 16 ans et   

justifier d’un cursus scolaire sans faille. Tous les autres sont tout simplement éliminés et jetés en pâture.

La politique du gouvernement socialiste en matière d’immigration ne reflète pas  voire bafoue les espoirs exprimés par les électeurs de gauche. Le manque de courage politique, la peur de froisser les électeurs tendance droite, les pratiques quotidiennes contredisent  les bonnes intentions et les promesses du candidat socialiste à la présidence. Le traitement inhumain de la question des sans-papiers et la mise en sourdine du vote des étrangers aux élections en est un exemple flagrant.                  

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